Discours d'ouverture...

Publié le par L'appel des treize

... du débat qui a eu lieu ce matin à l'Assemblée nationale, en présence de Jeanne Balibar, Paulo Branco, Christophe Honoré, Gael Morel et une dizaine de députés PS, UMP, verts Communistes, Nouveau Centre, Modem. De Brard à Vanneste, on peut dire qu'on a couvert tout le spectre politique!

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Bonjour à tous,

aujourd'hui, à la veille d'un énième passage en force gouvernemental sur le projet de loi Création et Internet, nous, Artistes, responsables associatifs, représentants de la nation et simples citoyens, avons décidé de faire front sous une bannière commune contre un projet de loi rétrograde, inutile et liberticide.

 

Tous concernés, tous conscients de l'importance de défendre les droits des créateurs, nous refusons de céder au chantage politique, de rester inertes alors que l'on tente par tous les moyens de faire passer un dispositif qui sacrifiera nos droits fondamentaux sans esquisser la moindre solution pérenne au problème du piratage et à la crise de certains secteurs de l'industrie culturelle.

 

Aujourd'hui, dans ce lieu symbolique, nous avons décidé de marquer haut et fort notre opposition aux méthodes utilisées par ceux qui ont cru bon de défendre ce texte avec hargne, arrogance et mépris.

 

La loi création et internet ne répond à aucun des défis du numérique, ne prévoie aucun dispositif visant à favoriser la création. La loi création et internet ne répond qu'à un objectif: assurer le maintien des positions monopolistiques des acteurs les plus puissants de l'industrie culturelle, sans créer aucun nouveau soutien aux plus menacés. S'y opposer, ce n'est pas cautionner le piratage, comme cela a été si facilement assené, mais refuser les raccourcis, l'absence de courage politique et le passéisme. Oui, Internet est un vaste défi. Non, il ne sera pas facile de s'y adapter. Mais plus tôt nous commencerons à réfléchir à de véritables solutions, plus tôt seront proposées de véritables alternatives au piratage, et moins les sacrifices seront lourds à porter pour l'ensemble de l'industrie culturelle.

 

Tenter d'aller contre le courant de l'histoire, c'est se condamner à une mort certaine. Une mort qui touchera d'abord les structures les plus fragiles, les petites maisons de disques, les maisons de production indépendantes. Prétendre que cette loi les défend est un mensonge éhonté. Répétons le: cette loi, qui ne semble exister que pour maintenir artificiellement en vie un système visiblement inadapté, ne concerne aucunement ceux pour qui la création est un pari, une prise de risque, un rendez-vous avec l'histoire/un enjeu artistique et non comptable.

 

Face à l'évidente inadéquation du projet de loi Hadopi avec la réalité du numérique, face à l'absence de véritable réflexion sur la crise des modèles traditionnels de diffusion et de production cuturels dans le monde de la culture, la plateforme « Création, Public et Internet » se veut une alliance entre consommateurs, artistes, producteurs et internautes, pour le rétablissement du dialogue, et la recherche de solutions équitables et pérennes pour tous.


Au lendemain d'un passage en commission des lois qui n'aura fait que confirmer le refus de tout dialogue de la part des rapporteurs du texte, nous ne nous faisons pas d'illusions. Actant la volonté de l'exécutif de faire du passage de la loi devant le parlement une simple formalité, nous nous lançons dans l'après-Hadopi. Cependant que nous appelons les députés et sénateurs à entrer en résistance et refuser la soumission que l'on veut leur imposer, nous lançons une série de consultations afin de réfléchir aux problématiques que cette loi ne résoudra pas. Parce qu'il n'y a plus de temps à perdre, et qu'il faut se débarrasser au plus vite de nos phobies paralysantes, le temps du dialogue est venu.

Dès la rentrée prochaine, nous organiserons donc des Assises de la création et de l'internet, afin de proposer des alternatives fonctionnelles, crédibles et proportionnées à l'Hadopi .Nous invitons en conséquence l'ensemble des acteurs du net et des industries culturelles à nous rejoindre autour de la table et à commencer à réfléchir, ensemble, à une véritable réponse aux défis qui nous sont posés par la nouvelle donne numérique. Nous souhaitons rassembler, dès aujourd'hui, toutes celles et ceux qui, au-delà de leur position sur le texte actuel, savent qu'il se révélera insuffisant pour relever les défis posés par l'internet. Espérons que notre appel sera entendu, et que le débat d'idées pourra enfin commencer.

 

 

 

juan paulo branco lopez 

Publié dans Les artistes engagés

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V
votre position vis à vis d'une loi aussi  pingre  d'esprit , serait  tout simplement celle de véritables artistes , par votre opposition vous vous démarqueriez ainsi de ceux qui font du commerce de l'art .mais ,qu'en est-il vraiment , est-ce une coquetterie de votre part ,  que savent madame deneuve et madame abril de la réalité ?  je ne vois là que l'habile manoeuvre d'un avoué et, loi machin truc, ou pas , les gens libres n'attendent personne , et surtout pas vous, mesdames! pour leurs dire comment être libre à bon entendeur ....
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C
Bonjour,Je propose de réserver la Licence Globale au domaine de la musique et de consever le cinéma en mode Droit Exclusif.Anéfé, c'est le schéma de la loi Lang de 1985 qui faisait déjà une distinction pour les "phonogrammes du commerce". Cela a permis à l'époque de répondre à un certain nombre de nouvelles technologies : les discothèques, les radios libres, les musiques d'ambiance dans les magasins. C'est nouveaux usages ont donc été régulés via une licence légale / rémunération équitable, mais uniquement pour les phonogrammes.A mon avis, persister dans une licence légale pour le cinéma ne marchera jamais, les politiques vont tomber sur un os : Hollywood.Mais je pense que le cinéma notamment européen pourrait intégrer Internet en mode Droit Exclusif pour plusieurs raisons.- Les internautes ne peuvent pas rivaliser avec l'industrie, la diversité des métiers étant trop complexes.- L'industrie ne peut pas rivaliser avec Bittorrent. Pour déployer en masse, c'est le protocole idéal.- Stallman a proposé un contrat de Mécénat Global dont les principes me paraissent équilibré qui pourrait être exploité, concédé, vendu. Lisez le attentivement s'il vous plait. L'idée du Mécénat est d'encourager la Mise à Disposition par rapport à la Consommation Passive.Aux Amériques, Warner Bros a essayé d'exploiter les torrents légaux, ils avaient proposé des vieux ouesterns.http://www.presence-pc.com/actualite/warner-bittorrent-16730/Je pense qu'en Europe, les torrents légaux pourraient être vus comme des vecteurs d'exportation plutôt que de desservir des consommateurs passifs. Les Amériques exportent leurs ouesterns, le Japon ses Mangas, et l'Europe ?Une des caractéristiques du cinéma européen, c'est la multiplicité de ses langues, ce qui pourrait contribuer à être visible sur le Net tout en ne sapant pas son marché intérieur. Une version de Bienvenue chez les Chtis en version anglaise, sous titré en français, 'tain ça doit pas être facile à produire, mon exemple est mauvais...Mais bon, comme c'est le Droit Exclusif qui prévaut, c'est à l'industrie de montrer ce qu'elle nous propose. L'initiative est dans son camp. Pour l'instant nous sommes des téléspectateurs passifs. ;-)
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S
Je suis heureux de voir un blog avec de vrais artistes engagés. Merci.http://soshedoniste.over-blog.com
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S
Bon résumé et il faut voir qu'a été rajouté l’article L. 336-3, qui dit que « la personne titulaire de l’accès à des services (… ) de communications électroniques a l’obligation de veiller à ce que cet accès ne fasse pas l’objet d’une utilisation » illicite.Par "communications électroniques", le site PCINpact s'étant renseigné auprès d'un juriste qualifié, il faut voir les emails personnels, les messageries instantannée comme MSN par exemple. Voici un schéma résumant l'ensemble :Voilà un point qui, je pense, n'a pas dû être soulevé quand les demandes pour signer les pétitions pro-HADOPI ont été faites... Le gouvernement tient vraiment à tout surveiller sur le net, plus seulement les réseaux d'échanges P2P...Sur cette page (http://www.pcinpact.com/actu/news/50570-jean-francois-cope-hadopi-loi.htm), le site PCINpact a fait un résumé non exhaustif des différents problémes que fait apparaître la loi création et internet... et lorsqu'on voit les réactions des députés, on a un peu l'impression de voir un troupeau en rang, près à suivre son gouvernement, jusque dans les prises de positions les plus abjectes ; je cite l(article (http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/04/28/creation-et-internet-l-elysee-ne-tolerera-pas-un-nouveau-revers_1186429_651865.html) de Philippe Ricard (à Bruxelles) et Patrick Roger rédacteurs pour Le Monde  : "On va droit vers un fiasco mais on nous oblige à y aller", déplore un député pourtant catalogué "sarkozyste bon teint". Bientôt, ils vont nous dirent que l'assemblée nationnale à un revolver appuyé sur sa tempe... où va-t-on?
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R
Voici un discours qui résume fort bien la situation: va-t-on accepter Big Brother sur nos réseaux sous le prétexte de protéger les privilèges des plus gros, et alors que l'on sait très bien que cette loi sera inefficace dès son entrée en vigueur. Ce qui manque le plus chez ceux qui ont mis leurs doigts dans cet écheveau, c'est la pensée ! Quand ce n'est pas la compétence (n'est-ce pas, Madame la Ministre ?).
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